Shibari, Kinbaku ou Bondage ?

On les confond souvent, et pourtant ces trois mots ne désignent pas la même chose. Petit tour d'horizon.

Le shibari : l'art de la corde

En japonais, shibari signifie simplement « attacher ». En Occident, le mot désigne l'art japonais de l'encordement, héritier lointain du hojōjutsu, les techniques de contention des samouraïs. Le shibari se pratique exclusivement avec des cordes, traditionnellement en jute ou en chanvre.

Ce qui le distingue avant tout, c'est son exigence esthétique. Chaque nœud, chaque passage de corde est pensé pour sublimer le corps : les lignes, les tensions, les symétries composent une véritable œuvre éphémère. C'est cette dimension artistique qui en fait un sujet photographique à part entière.

Le kinbaku : la dimension émotionnelle

Kinbaku signifie « attacher serré ». Le mot désigne la même pratique, mais met l'accent sur ce qui se passe entre le rigger et le modèle : la sensation de la corde, l'abandon, la confiance, l'émotion partagée. Là où le shibari parle de forme, le kinbaku parle de ressenti. Dans les faits, les deux termes sont souvent employés l'un pour l'autre.

Le bondage : une pratique d'entrave

Le bondage désigne le fait d'entraver une personne, le plus souvent dans un cadre sexuel ou BDSM. Il n'est pas limité aux cordes : menottes, chaînes, foulards, sangles ou rubans adhésifs font aussi l'affaire. L'objectif est la contrainte en elle-même, pas l'esthétique.

Ce qu'il faut retenir

Le shibari et le kinbaku ne sont pas, en eux-mêmes, des pratiques sexuelles. Ils peuvent s'intégrer à une pratique de bondage, mais tout bondage n'est pas du shibari : sans cordes, sans technique japonaise et sans recherche esthétique, ce n'en est pas. Le shibari est avant tout un art, où la beauté de la composition compte autant que l'encordement lui-même.

Par Raph Ropes Rigger

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