Le matériel et la sécurité

Un bon shibari commence par deux choses : de bonnes cordes et une sécurité sans compromis.

Les cordes

Le shibari traditionnel se pratique avec des cordes en fibres naturelles :

  • Le jute est la corde de référence. Légère, avec une bonne accroche, elle tient les nœuds sans avoir besoin de les serrer fort. Elle doit être traitée (brûlée, lavée, huilée) pour devenir douce sur la peau.
  • Le chanvre est plus dense et plus robuste, avec un toucher un peu plus rustique.
  • Les fibres synthétiques et le coton sont plus faciles d'entretien et souvent utilisés pour débuter, mais ils glissent davantage et retiennent moins bien les nœuds.

On utilise généralement des cordes de 6 mm de diamètre et 8 mètres de long.

Fabrication des cordes

Une corde de shibari est généralement torsadée en 3 torons : trois faisceaux de fibres enroulés les uns autour des autres. Cette construction donne à la corde sa texture, son accroche et sa capacité à tenir les nœuds. Plus la torsion est serrée, plus la corde est ferme et durable. Plus elle est lâche, plus la corde est souple, mais elle s'use plus vite.

Les cordes tressées, comme celles qu'on trouve en magasin de bricolage ou d'escalade, sont à éviter : leur surface lisse fait glisser les nœuds, et elles ne se comportent pas du tout comme une corde torsadée sur le corps.

Les extrémités sont arrêtées par un nœud ou une surliure, pour éviter qu'elles ne s'effilochent.

L'entretien des cordes

Une corde bien entretenue dure des années et reste agréable sur la peau.

  • Inspecter avant chaque séance : fibres cassées, zones usées ou aplaties, toron qui se défait. Une corde abîmée est retirée de la suspension, puis du service.
  • Nourrir les fibres naturelles de temps en temps avec une fine couche d'huile ou de cire adaptée, pour éviter qu'elles ne se dessèchent et ne cassent.
  • L'hygiène : les fibres naturelles se lavent mal, et un lavage leur fait perdre de leur tenue. Beaucoup de pratiquants leurs cordes au four après la séance.

Le coupe-corde

C'est l'outil indispensable, toujours à portée de main : des ciseaux à bout rond, de type ciseaux de secours, qui permettent de couper une corde en quelques secondes sans risque de blesser la peau. On espère ne jamais s'en servir, mais on ne commence jamais sans.

Pour la suspension

La suspension demande un matériel spécifique : un point d'ancrage solide et certifié, un anneau de suspension, des cordes en parfait état. C'est une pratique avancée, qui ne s'improvise pas.

Les risques à connaître

Le principal danger du shibari, c'est la compression des nerfs, notamment au niveau des bras. Une corde mal placée ou trop serrée peut provoquer des fourmillements, un engourdissement, voire une perte de mobilité temporaire de la main. La circulation sanguine, les articulations et la respiration doivent elles aussi être surveillées en permanence.

Les règles de sécurité

  • Communiquer en permanence : le modèle signale toute sensation inhabituelle, et le rigger vérifie régulièrement les mains, les doigts et le ressenti.
  • Ne jamais laisser seule une personne encordée, ne serait-ce qu'un instant.
  • Ne jamais encorder le cou.
  • Pas d'alcool ni de substances avant ou pendant une séance.

En conclusion

Le matériel compte, mais la vraie sécurité repose sur l'attention et la communication. Une belle composition ne vaut rien si le modèle n'est pas en confiance et en sécurité du début à la fin.

Par Raph Ropes Rigger

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